Portrait – Maximilien Van Haaster

28 février 2018

Fleurettiste canadien le mieux classé en ce moment au niveau international, Maximilien Van Haaster a fait l’expérience des Jeux Olympiques à Rio en 2016. On le voit sur les pistes du plus haut niveau croiser le fer avec les meilleurs escrimeurs de la planète. Ce qui ne l’empêche pas toutefois de suivre les différentes étapes du circuit québécois, dont plus récemment le Challenge Desjarlais pendant lequel il nous a accordé quelques minutes.

Maximilen Van Haaster

Comment as-tu commencé l’escrime ?

J’ai commencé quand j’avais environ 9 ans. Jeune, j’aimais les films de chevaliers et il y avait un club d’escrime dans le centre sportif où je prenais des cours de natation. J’ai commencé comme ça, tranquillement, et je n’ai pas arrêté depuis…

 

À quel moment as-tu eu la piqûre de la compétition ?

J’ai toujours aimé la compétition. Je n’ai pas attendu longtemps et j’ai commencé dans la catégorie des moins de 11 ans. Pour moi, l’escrime et la compétition sont indissociables.

 

Henri Sassine est ton entraîneur…

Mon premier entraîneur a été Patrice Duclos et quand Henri a repris le club, il est devenu mon entraîneur. Ça fait 15 ans maintenant. Il m’a appris tout ce que je sais de l’escrime. Nous sommes très proches, je passe je ne sais plus combien d’heures par semaine avec lui, je crois que je le vois plus que ma famille !

 

L’escrimeur en fauteuil roulant Pierre Mainville a déjà comparé son entraîneur (Iledmaro Sanchez) à Yoda pour expliquer l’intensité de leur relation…

C’est une très bonne comparaison, d’autant plus que Henri lui ressemble (rires). Les anciens tireurs qu’il avait entraînés à Chibougamau lui ont d’ailleurs offert un t-shirt représentant Yoda, mais avec son visage…

 

Qu’est-ce que l’escrime t’apporte ?

J’aime la compétition, ça me permet de me défouler, de faire ressortir mon aspect compétitif. J’adore le sport, être actif : si je ne faisais pas d’escrime, je ferais un autre sport. J’aime le sport individuel, car je suis seul responsable du résultat : si je perds, je perds, il n’y a personne d’autre à blâmer. Par ailleurs, l’escrime, c’est physique, mais c’est aussi mental; de plus, il n’y a rien de répétitif et ça fait appel à ta créativité.

 

Quelle est ta routine d’entraînement ?

Chaque semaine, je fais 3-4 séances de combats avec mes coéquipiers du club ou à l’INSQ, 4 leçons par semaine avec Henri Sassine et 2-3 séances de conditionnement physique. Le programme varie selon le calendrier et ne sera pas le même avant une grosse compétition : j’aurai alors plus de leçons, plus de matches et moins de conditionnement physique.

 

Comment concilies-tu l’escrime avec le reste de ta vie ?

Ce n’est pas toujours facile, mais j’ai de bons amis qui m’aident à l’école quand je dois manquer des cours. Ma conjointe a déjà fait de l’escrime, elle sait donc ce que cela exige. Je n’ai pas l’impression de faire de sacrifices, car c’est un terme péjoratif, mais je fais ce qu’il y a à faire. Je prends ces décisions et je ne les regrette pas.

 

Tu es allé à Rio pour les Jeux Olympiques en 2016. Qu’en as-tu rapporté ?

Les JO, c’est la seule compétition de cette envergure en escrime. Les médias sont là, les athlètes, le village… On ne voit pas ça souvent en escrime, d’habitude les compétitions sont plus modestes. On se sent au plus haut niveau… Et le lieu était impressionnant : être dans la chambre d’appel, emprunter le couloir et arriver dans la salle, une salle pleine, ça m’a vraiment marqué.

 

Tu fais le circuit international, tu fais des compétitions partout dans le monde, tu rencontres des escrimeurs d’autres pays, notamment de pays avec de riches cultures d’escrime. Y a-t-il un aspect de ces cultures que tu voudrais voir implanter ici ?

J’aimerais naturellement que l’escrime se développe davantage ici. Il n’y a pas assez d’entraîneurs, donc il y a moins de tireurs. Dans les autres pays, il y a tellement d’escrimeurs que le niveau est nécessairement plus élevé et les gens se battent plus pour une place avec l’équipe nationale tandis qu’ici il n’y a pas assez de compétition entre nous; le niveau n’est pas assez compétitif pour qu’on puisse organiser de gros camps d’entraînement.

 

Qu’est qui est le plus important pour toi au fleuret ? La vitesse, la tactique, l’offensive, la défensive ?

Ça dépend toujours du tireur, mais moi j’ai plus un style offensif, car je ne suis pas toujours patient.

 

Quels sont tes objectifs et que vas-tu privilégier dans ton développement pour les atteindre ?

Mon objectif, c’est Tokyo. Comme je suis déjà allé à Rio, la qualification, bien qu’elle soit importante, n’est plus mon seul objectif. Mon rêve ultime serait de ramener une médaille, comme tout le monde, et comme j’ai maintenant l’expérience des Jeux, je serai en mesure de mieux me préparer.

 

Ta vie après l’escrime ?

Je ne suis pas encore tout à fait sûr de ce que je ferai. J’ai un baccalauréat en kinésiologie, je fais actuellement un autre baccalauréat en nutrition, je pense donc que j’aimerais travailler dans un domaine en lien avec le sport et les athlètes : c’est ce que j’ai fait toute ma vie, c’est ce que j’aime et ce que j’aimerais faire plus tard.

 

Quel conseil donnerais-tu à un jeune qui commence ?

Vraiment s’amuser. C’est le plus important : il ne faut pas se laisser pousser par les parents, les entraîneurs et la performance à tout prix. Le plus important, c’est d’aimer ça, de trouver son plaisir. Il faut aimer ça pour continuer. Il faut trouver ce que tu aimes dans l’escrime et profiter de ça.

Francis Farley-Chevrier

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