Entretien avec Julien Camus

Le maître d’armes Julien Camus occupe depuis un peu plus d’un an le poste d’entraîneur national au fleuret en plus d’avoir mis sur pied le club d’escrime de Drummondville. Dans quelques jours, il s’envole pour Wuxi en Chine en vue des Championnats du monde senior qui débuteront le 19 juillet. Nous l’avons rencontré en marge du championnat provincial des jeunes en avril dernier pour discuter avec lui de sa première année au Québec.

 

Dans quelles circonstances le club a-t-il été mis sur pied à Drummondville ?

 

Je suis arrivé au Canada comme entraîneur national à la suite d’un stage de préparation aux Jeux olympiques. Je préparais un athlète brésilien lors d’un stage à Londres où j’ai rencontré Maximilien Van Haaster. Nous avons sympathisé et Maximilien a communiqué mon nom à Dominique Teisseire qui est revenu vers moi pour m’aviser de l’ouverture du poste d’entraîneur national au fleuret masculin. C’est ainsi que je suis arrivé avec aussi pour tâche d’ouvrir un club à Drummondville dans la région Centre-du-Québec, où il n’y avait aucun club.

 

Quels étaient les défis de mettre sur pied un club dans une région où il n’y en a pas…

 

Je viens pour développer l’escrime au Québec. Plutôt que de m’installer à Montréal où il y a déjà beaucoup de clubs, j’ai voulu développer mon propre club avec ma femme qui est aussi maître d’armes et a toujours travaillé avec les petits, c’est d’ailleurs ce qu’elle faisait en France dans un club où il y avait 250 licenciés de moins de 15 ans. Quant aux difficultés, il n’y en a pas vraiment eu : je dois dire que nous avons été très bien accueillis, la ville de Drummondville a fait beaucoup de choses pour nous. Drummond Olympique, l’association multisports, nous a donné une salle; avec la FEQ, nous avons fait une journée d’initiation à l’escrime avec Maximilien Van Haaster et Marc-Antoine Brodeur, deux membres de l’équipe nationale de fleuret masculin qui sont venus à ma demande faire une démonstration pour les enfants de Drummondville. Au bout du compte, il n’y a pas vraiment eu de difficultés, sinon la concurrence que nous fait le hockey…

 

Avec combien de membres avez-vous démarré ?

 

On a débuté en janvier; c’est surtout ma femme qui s’en est occupé. On donne des leçons une fois par semaine, plus les scolaires et les centres communautaires; on a une vingtaine de licenciés et nous avons fait la première épreuve de sélection des Jeux du Québec alors que ça faisait plusieurs années que l’escrime n’était plus au programme de la région Centre-du-Québec. Six petits se sont présentés et deux seront de la finale provinciale des moins de 15 ans et il y aura un petit de 8 ans, qui veut aller apprendre.

 

Tu es ici depuis un an. Quel est ton diagnostic de la situation actuelle de l’escrime au Québec ?

 

Je ne veux pas faire de diagnostic sur l’escrime en général, mais je peux parler du fleuret. Cela dit, sur l’escrime, il y a encore beaucoup de choses à faire. J’ai constaté une demande dans les communautés, notamment dans les écoles; la FEQ va ouvrir un poste d’agent de développement et je crois que c’est une bonne chose, car il y a beaucoup à faire. Pour ce qui est du fleuret, il y a un très bon groupe d’entraîneurs, la seule chose, c’est qu’il faudrait qu’on travaille tous dans le même sens. Il se passe beaucoup de choses en ce moment, on arrive à avoir des échanges et c’est comme ça qu’on avancera. Le Québec doit être une force et il ne faut pas qu’on travaille chacun de son côté : il suffit d’être patient, oublier un peu le passé et se projeter vers l’avenir.

Francis Farley-Chevrier

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